Un changement de loi va permettre au Secrétariat d’État aux migrations de fouiller les appareils électroniques des requérants d’asile. Nina Khamsy, chercheuse à l’Université de Neuchâtel a toutefois constaté un usage différent.
Les supports électroniques (smartphones, ordinateurs, tablettes…) des requérants d’asile pourront être analysés par le Secrétariat d’État aux migrations dès le 1er avril. Des données pourront être utilisées afin de déterminer l’identité, la nationalité ou l’itinéraire des requérants.
Nina Khamsy, chercheuse à l’Institut de sociologie de l’Université de Neuchâtel, a étudié comment les personnes en exil utilisent les smartphones pour son doctorat. Elle a accompagné de nombreux migrants sur la route des Balkans. Elle a constaté que leur usage du téléphone est particulièrement solidaire. En raison de la pauvreté, des confiscations aux frontières, les migrants se partagent souvent leurs appareils et leurs comptes. Ils peuvent également acheter des téléphones de seconde-main possédant encore d'anciennes données, indique-t-elle à notre correspondante à Berne, Marie Vuilleumier.
Pour l'experte, il y a donc des précautions à prendre lors de l'analyse de ces données, mais également pour s'assurer de ne pas « faire un pas en arrière » en matière de droits fondamentaux et de protection des données. /mvu-jja